
Depuis le 06 juillet, Ouagadougou accueille la 18ème édition du projet « Engagement féminin » initié par la Compagnie Auguste-Bienvenue placé sous le thème triennal : << le présent d’un futur >>. En effet, dix danseuses venues du Mali, du Togo, du Bénin, du Cameroun, de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso sont en formation de en danse contemporaine jusqu’au 1er août. Le lancement officiel a eu lieu le samedi 11 juillet 2026 au siège de l’association Art’Dev sise au quartier Gounghin.
Cette année, le projet engagement féminin né en 2008 se tient dans ses propres locaux avec pour thématique principale : << le présent d’un futur >> et du sous-thème : << Carrières artistiques : enjeux , défis et solutions pour la femme africaine>>.
Pendant près d’un mois, du 6 juillet au 1er août, dix danseuses issues du Mali, du Togo, du Cameroun, de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso sont en résidence dans la capitale burkinabè pour une formation intensive en danse contemporaine.
Pensé comme un laboratoire de création et de sororité artistique, le projet met en lumière le dynamisme des femmes chorégraphes du continent et leur volonté de faire circuler de se mettre en réseau. Selon Bienvenue Bazié, Engagement féminin c’est 147 jeunes femmes issues de 20 pays, 25 conférences et panels et avec participation de 60 intervenants internationaux.
Un espace dédié à la fois à la diffusion des créations artistiques et à l’administration culturelle du projet. Une avancée majeure pour la structure qui, pendant longtemps, a fonctionné avec des moyens itinérants. Au programme des quatre semaines, les responsables ont décliné les grandes lignes à savoir une formation en technique de danse, en administration culturelle, des tables rondes et des rencontres.

L’ambition de la compagnie reste la même depuis 18 ans qui est d’offrir aux femmes chorégraphes d’Afrique les moyens de créer et de se former. Dans un contexte où la culture est un levier de résilience, « Engagement féminin » confirme son rôle de laboratoire et de plateforme pour la danse au féminin. La restitution publique des travaux est prévue le 1er août dans les locaux du projet.

“Des murs enfin à elles et pour elles “
Autre fait marquant de cette 18e édition d’« Engagement féminin » est qu’elle dispose désormais de ses propres locaux. << Fini les allers-retours entre salles prêtées et centres culturels partenaires >>, a lâché le directeur fondateur de la compagnie Auguste-Bienvenue avant de poursuivre que le projet s’est doté d’un espace fixe à Ouagadougou. Pour lui, c’est un lieu qui sert à la fois de studio de répétition, de résidence artistique et de diffusion pour les créations et de siège pour l’administration culturelle.

Pour une équipe, depuis 2008 qui a bâti sa réputation sur la persévérance et l’ingéniosité, c’est une étape d’avoir un toit, c’est pouvoir programmer à l’année, accueillir des résidences, archiver, former.
Durant une visite pédagogique des nouveaux locaux, le codirecteur fondateur, Auguste Ouédraogo a indiqué que l’idée de cet espace est de mettre en place un incubateur chorégraphique qui permettra aux danseurs et aux artistes de déployer leurs projets en réflexion jusqu’à la diffusion en spectacle. << Notre objectif, a-t-il clamé, est de professionnaliser les artistes et de renforcer les échanges entre le Burkina Faso et la France où la Compagnie y est implantée >>. Et de rassurer que c’est aussi donner une visibilité institutionnelle à un travail qui, jusqu’ici, tenait beaucoup à la volonté des individus. Même si ce nouveau cadre ne règle pas tout. Mais il change la donne avec une proximité du projet dans la ville et dans la durée.
“Salamata Kobré prend les rênes de la direction “.
Cependant, cette 18e édition est l’occasion pour les codirecteur fondateurs de passer la direction du projet à une femme engagée issue des anciennes incubées.

Et la chorégraphe, danseuse et interprète, Salamata Kobré prend la direction du projet, marquant ainsi le retrait des ténors et initiateurs du projet à savoir les danseurs chorégraphes, Augustin Ouédraogo et de Bienvenue Bazié. Ce passage de main signifie aussi l’âge où l’on quitte la maison. Depuis 2005, Salamata Kobré a forgé sa carrière professionnelle entre danse contemporaine et création chorégraphique. A travers ses formations au projet EF, elle fortifie a écrit des œuvres <<Djoussou kouman >>, << Moom >>, << Mangeuse d’âme>>, confirment engagement professionnel féminin.

Achille ZIGANI
