Résilience et autonomisation des populations : Le PAM et ses partenaires aux côtés des communautés de la région de Oubri.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) en cohérence avec les priorités nationales définies par le gouvernement burkinabè dans un environnement ou les défis alimentaires et nutritionnels sont omniprésents, a jugé crucial de développer des solutions innovantes et durables pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des populations vulnérables dans les régions du Goulmou et de l’Oubri du Burkina Faso (BF) à travers le projet «  Projet de résilience et gestion durable du capital productif » grâce à l’appui financier de la République de la Corée du Sud (KOICA).

Ce projet (qui a débuté le 1er octobre 2023 et qui prend fin en juin 2026) s’inscrit en outre dans une dynamique intégrée de résilience, combinant la sécurité alimentaire, la nutrition, l’accès à l’eau et la protection sociale conformément aux stratégies nationales et aux engagements du PAM en vue de renforcer la résilience des communautés affectées par les crises, en soutenant le capital de production agricole et l’autonomisation des jeunes et des femmes à travers des activités économiques.

Grâce à ce Projet, plusieurs réalisations (en termes d’actifs productifs faits avec les communautés) ont été faites au bénéfice des populations identifiées.

Et pour une question de redevabilité auprès du partenaire financier (KOICA), le PAM a organisé une série d’immersions médiatiques avec les femmes et les hommes de médias afin qu’ils/elles constatent de visu ce qui est fait sur le terrain.

C’est dans cette optique que la presse en compagnie du PAM a effectué une immersion médiatique du 20 au 22 mai 2026 dans la région de Oubri.

Deuxième du genre après celle de la région du Goulmou (qui a eu lieu du 1er au 2 octobre 2026), cette immersion médiatique a permis à la presse de visiter les communautés bénéficiaires du Projet dans la commune de Zitenga dans la région de Oubri.

La journée du mercredi 20 mai 2026 a débuté par le jardin scolaire de l’école de Saddaba1.

Classée 1ère en production de jardinage au niveau communal, l’école de Saddaba1 a pu bénéficier de ce Projet à travers la réalisation d’un jardin scolaire et d’un forage.

« C’est par chance que l’école a pu bénéficier de ce projet puisque Zitenga a 44 écoles et si l’école a pu bénéficier d’un jardin et d’un forage équipés de la sorte, c’est une grande chance et une fierté pour nous et les mots nous manquent pour exprimer notre joie à l’endroit du PAM et de son partenaire financier et seul Dieu peut les remercier » s’est réjouie la Responsable de l’école, Fatimata Tiendrébéogo.

La Responsable de l’école, Fatimata Tiendrebéogo, très émue ne savait quoi dire au PAM et ses partenaires.

Le jardin scolaire est aussi un lieu d’apprentissage et de savoir pour tous les élèves de l’école.

Grâce au jardin scolaire, enseignant.e.s et élèves arrivent à concrétiser facilement leurs leçons en sciences du CP1 au CM2 a confié Fatimata « Parce qu’auparavant, il fallait utiliser des boîtes dans lesquelles on semait des graines qui prenaient du temps pour germer voire une semaine et ce n’est pas à tout moment que ça réussissait. Avec le jardin, l’enseignant.e est là avec ses élèves et c’est du concret. On arrive à consolider nos acquis en mathématiques puisqu’on trace des angles dans les classes et le jour quand nous avons eu une séance de travail au jardin pour tracer les planches avec les grands élèves, ils ont vu l’importance et un élève s’est même exclamé en disant qu’il ne savait pas qu’il était important de tracer ; ils ont compris que pour être jardinier, il faut savoir tracer les angles, les lignes parallèles ».

Le jardin scolaire a aussi permis de varier l’alimentation des élèves, de concocter des mets locaux pour ces dernier.e.s , sa rentabilité dépasse même le budget de l’école et grâce au jardin, l’école arrive à écouler sur le marché ce qu’elle produit.

Fatimata qui n’a pas pu cacher sa grande joie face au PAM, s’est dit très satisfaite pour cet accompagnement noble et bienfaiteur à son endroit, à l’équipe enseignante, aux élèves et à toute la communauté en plaidant afin que les autres écoles de Zitenga puissent en bénéficier.

Et parlant des bienfaits dudit Projet, elle n’a pas manqué de souligner qu’ils arrivent à varier leur alimentation (coté nutrition) et aussi les femmes du village viennent se ravitailler de leurs feuilles fraiches pour leur cuisine « Nous essayons de faire un met traditionnel avec ce qu’on a dans notre jardin. Financièrement, nous sommes très et trop  satisfait.e.s parce que, ce que le jardin nous donne comme rentabilité, dépasse même le budget de l’école (compte 207 élèves qui contribuent à hauteur de 1000FCFA/élèves par an).Nous vendons le surplus que nous produisons dans notre jardin et nous comptons écouler nos trois sacs de 100kgs d’oignons (que nous avons conservés et mis à l’écart) plus tard lorsque le prix au marché va grimper et le bénéfice que nous récolterons à l’issue de la vente est supérieur au  budget de l’école ».

Des bénéficiaires se sont prononcé.e.s à l’issue de la visite du jardin et du forage.

Lors de la visite dirigée par la Responsable du jardin scolaire, P.Sylvie Compaoré, la presse a pu découvrir les feuilles de haricot, d’amarante, d’oseille, de courge et bien d’autres choses. Dans ses explications, elle est revenue sur l’apport positif du jardin en ajoutant qu’ils sont aidé.e.s dans leurs taches par des femmes volontaires « Le jardin sert à améliorer la cantine scolaire puisqu’on cueille les feuilles d’oignon, d’amarantes et d’oseilles pour la cuisine des élèves. Le programme que nous avons élaboré, permet au titulaire ou à la titulaire de chaque classe de sortir avec ses élèves pour l’arrosage, les travaux pratiques et dirigés. Cependant, si au cours des heures de travaux, il ou elle n’a pas eu le temps pour sortir avec ses élèves, nous faisons recours aux deux femmes volontaires (qu’on a déléguées pour venir nous soutenir par jour) qui prennent le relai pour arroser.

Les années antérieures, on n’offrait que du haricot, du riz à nos élèves. De nos jours, on arrive à préparer trois fois les mets locaux pour nos élèves. Nous leur servons du riz le mercredi, le jeudi du gonré et on achève le vendredi avec un met local. On mélange les feuilles du jardin scolaire pour en faire un repas. ».

Tout comme Fatimata, Sylvie a remercié le PAM et ses partenaires tout en évoquant l’utilité de ce joyau

Sylvie qui a remercié le PAM et son partenaire, n’a pas manquer de relever des difficultés. Et pour ce qui est des difficultés, elle est revenue sur la pénurie d’eau ou l’écoulement en abondance de l’eau du château.

Tout comme la Responsable Fatimata, elle a souhaité que le Projet puisse être prolongé ne ce reste un peu puisqu’il (selon ses dires) les aide au niveau de la cantine « Si l’élève a bien mangé, il pourra bien suivre les cours en classe ».

Mahamadi Ramadan Nana

élève de la classe de CM2, reconnait avoir appris beaucoup grâce au jardin « Nous arrosons les plans à tour de rôle ; le jardin est très important pour nous puisque nous apprenons beaucoup avec les travaux dirigés et grâce au jardin, notre alimentation est très variée avec surtout les mets locaux qu’on nous sert ».

Et pour Abzèta Sodré du CM2

« Nous avons des feuilles d’oseille, d’amarante, d’oignons, de haricot dans le jardin et nous travaillons à tour de rôle et avec le jardin, on arrive à écouler ce que nous produisons au marché ; ce qui fait que nous gagnons beaucoup d’argent pour donner suite aux ventes de nos légumes ».

Marie Hélène Sampo (à l’extrême gauche)

qui a remercié de tout cœur le PAM et ses partenaires, a aussi remercié le corps enseignant pour tout ce qu’il fait au quotidien pour le bonheur de leurs enfants « Nous n’ignorons pas ce que font les enseignant.e.s pour nos enfants ; ils/elles nous aident pour leur avenir radieux et c’est ce qui nous a poussé à leur venir en aide à travers l’entretien de leur jardin. Si nous arrivons et que nous trouvons les enfants sur place, on leur donne un coup de main. Une femme vient le matin et l’autre le soir ; on se relaie. Nous avons aussi demandé à d’autres femmes de nous venir en aide puisque nous (quatre) sommes en nombre insuffisant et nous choisissons deux femmes chaque jour pendant un mois.

C’est une grande chance pour nous d’avoir bénéficier de ce joyau et pour le bien-être de tous, nous ne pouvons que remercier le PAM et ses partenaires ».

Hado Sawadogo, Chef de la Circonscription d’éducation de base (CCEB) de Zitenga

qui a trouvé formidable les réalisations faites par le PAM, s’est réjoui en exhortant les bonnes volontés à en faire de même « C’est formidable, on ne peut qu’encourager et accompagner les bonnes volontés ; nous avons été émerveillés non seulement par ce qui a été fait, et aussi ce qu’ils produisent pour la nutrition des enfants.

Au niveau communal, c’est l’école de Saddaba1 qui a été classée 1ère en production de jardinage et là ou on a des châteaux, les gens travaillent. On vous demande d’accompagner plus d’écoles ».

Toujours dans la journée du mercredi 20 mai 2026, les femmes et hommes de médias ont pu découvrir un ouvrage de franchissement (à Saddaba1).

Cet ouvrage de franchissement va permettre de relier des infrastructures socioéconomiques comme les marchés, de faciliter les passages. En somme, cet ouvrage servira à casser et à baisser la vitesse de l’eau avec un cordon pierreux a expliqué le Chef d’unité du bureau PAM à Kaya chargé de la mise en œuvre des activités dans la région de Oubri, Allamissi Sawadogo.

L’ouvrage de franchissement

Les journées (du jeudi 21mai et du vendredi 22mai 2026) ont été dédiées aux visites des communautés de Handem et de deYargyiri de Kolgondiesse de Zitenga.

A Handem, les femmes exploitent un périmètre maraicher d’un hectare et malgré le forage dont elles bénéficient, elles sont confrontées à une difficulté majeure ; qu’est le manque d’eau.

Zarata Kouanda, porte-parole des bénéficiaires qui  a remercié le PAM et ses partenaires pour ce périmètre, a souhaité en outre qu’ils reviennent les aider. Comme vous l’avez constaté, nous sommes en manque d’eau et l’eau, c’est la vie et on ne peut rien faire sans elle.

A Kolgondiesse, la population a bénéficié d’un ravin qui permettra non seulement la rétention d’eau, mais aussi les bras valides toujours partis (après les récoltes) ailleurs à la recherche de meilleures conditions de vie.

Encore appelé bouli, ce ravin d’une capacité d’environ 13000M3, est un ouvrage qui permettra de disponibiliser l’eau en saison sèche pour la culture maraichère il sera emménagé comme périmètre pour l’irrigation des plantes autour a souligné Allamissi sawadogo

Alamissi Sawadogo

« On crée des solutions pour emprisonner les eaux de ruissèlement et  avec une rame d’accès pour permettre aux animaux de pouvoir s’abreuver et aux hommes de puiser l’eau sans danger. C’est d’une capacité d’environ 13000M3, utilisés pour le maraichage et l’abreuvage des animaux ».

Des bénéficiaires et des officiels se sont prononcé.e.s .

Ablassé Sinaré  

deYargyiri de Kolgondiesse de Zitenga

« Nous sommes très heureux pour ce bel ouvrage qui permettra la rétention d’eau. Nos enfants partaient ailleurs pour chercher du travail après les récoltes. Avec l’eau, ils ne bougeront plus, ils resteront à nos côtés pour le maraichage et on peut les envoyer facilement pour nos commissions.

On vous remercie puisque c’est la toute 1ère fois que nous bénéficions d’un tel ouvrage de grande utilité et cela nous permettra de faire le maraichage pendant la période sèche et nos femmes ne souffriront plus (les femmes que nos fils ont mariées, ne seront plus abandonnées par leurs maris après chaque récolte qui vont dans d’autres horizons pour chercher du travail. Cela ne nous plait pas ; cependant, on n’avait pas le choix et si aujourd’hui tu ne fais rien, ce n’est pas du tout facile) ».

Kadi Kiemdé

deYargyiri de Kolgondiesse de Zitenga a traduit toute sa reconnaissance à l’endroit de PAM et de ses partenaires « Nous sommes très heureuses pour ce ravin puisque nous aurons enfin nos maris à nos côtés (ils ne nous abandonneront pas pour aller chercher du travail ailleurs) qui  seront là à tout moment et pourront faire de la maraichéculture  pendant la saison sèche grâce au ravin  et nous pourrons aussi  utiliser l’eau pour la lessive et nos maris pourront nous aider à l’arrosage de nos plants. Nous ne savons pas quoi dire ; seul le Bon Dieu récompensera le PAM et ses partenaires ; Dieu leur donne une très longue vie puisqu’ils nous ont fait du bien et on a aussi eu des grillages (pour sécuriser nos plants). Malgré leurs efforts, on leur demande encore de l’aide si toute fois ils peuvent le faire ».

Dans ses propos, la Directrice régionale de l’agriculture de la région de Oubri, la camarade Loumbana Béatrice Tingueri

est revenue sur les difficultés que rencontre sa région en termes de ressources en eau « Beaucoup d’actions sont en cours pour augmenter les ouvrages hydrauliques pour la région. La réalisation de ce bouli vient renforcer les actions en cours au sein du ministère de l’agriculture et de l’eau, des ressources animales et halieutiques et ce bouli va permettre déjà d’améliorer la production de la commune de Zitenga et également en termes de production animale, va permettre l’abreuvage des animaux. Nous ne pouvons que dire merci au PAM pour l’accompagnement et au nom de la direction régionale et des acteurs bénéficiaires.

W. Jocelyne Sankima, Cheffe du Bureau du terrain de Kaya(région des Koulsé )du PAM

, pour conclure l’immersion médiatique,  a précisé que ce  bouli vient renforcer les acquis au niveau de la région et leur  rôle consiste à accompagner les acteurs pour une bonne utilisation de ce joyau et également pour la réservation  « On a des difficultés et si on a l’opportunité d’avoir un ouvrage hydraulique, il faudra qu’on se mette ensemble pour le protéger et utiliser au maximum l’eau et il y’a un périmètre maraicher qui a été réalisé juste à côté du bouli. Nous allons   accompagner les acteurs pour sa mise en valeur qui viendra aussi renforcer la production maraichère au niveau de la région et on pourra utiliser l’eau en saison sèche pour irriguer les sites de production ».

Nb : Et pour joindre l’utile à l’agréable, les femmes et hommes de médias ont pu déguster les mets locaux (babenda, gonré, to à base de sorgho rouge et zoomkoom( boisson faite à base de petit mail))qu’on leur a proposés après la visite du jardin.

            benedicteoued@gmail.com

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