
Mère de trois enfants et artisane, Lucie Nana voit sa vie basculer en 2003 lorsqu’un paludisme mal diagnostiqué se révèle être une tuberculose. Vingt ans plus tard, sous oxygène en permanence, elle continue de mener ses activités et de s’investir dans l’association KAMY, malgré des difficultés financières et matérielles considérables.
Un diagnostic tardif aux conséquences irréversibles.
Tout commence par une semaine de toux à la maison. Admise à l’hôpital Yalgado, Lucie Nana est d’abord traitée pour un paludisme. Les examens révèlent finalement une tuberculose, prise en charge par un traitement suivi avec rigueur.
Mais à sa sortie, la nouvelle tombe : la maladie a laissé des séquelles irréversibles sur ses poumons ; le poumon gauche étant particulièrement touché. Faute d’avoir été détectée à temps, l’infection s’est aggravée, entraînant des problèmes respiratoires chroniques. Depuis, la moindre poussière ou infection suffit à la conduire d’urgence à l’hôpital.
Sous oxygène depuis 2003.

Après un nouveau séjour hospitalier de deux à trois mois en 2025, le verdict est sans appel : Lucie Nana devra vivre sous oxygène en permanence. « Cette machine est ma compagne de tous les jours, et pour toujours. Je ne peux m’en passer, puisque c’est elle qui me maintient en vie », confie-t-elle. Cette dépendance la contraint à rester quasiment confinée chez elle.
Un appareil vital, un coût exorbitant.
C’est grâce à la générosité d’un donateur qu’elle a pu s’équiper d’une machine à oxygène performante, d’une valeur avoisinant le million de francs CFA ; une somme qu’elle n’aurait jamais pu réunir seule. Mais l’appareil s’est détérioré avec le temps, l’obligeant à en acquérir un second, moins onéreux.

Son fonctionnement représente une charge financière lourde : entre 30 000 et 45 000 FCFA de facture d’électricité par mois auprès de la SONABEL, l’appareil ne devant jamais être éteint ni débranché. Les coupures de courant l’ont par ailleurs contrainte à investir dans un panneau solaire, dont la batterie hors d’usage nécessite aujourd’hui un remplacement urgent.
Un appel à la solidarité.

Malgré ces contraintes, Lucie Nana reste engagée : membre de l’association KAMY, elle a tenu à participer récemment à un atelier de formation sur la prévention du paludisme (du 02 au 03 septembre 2026), se déplaçant à moto ; l’une de ses rares sorties, avec celles pour se rendre à l’église.
Elle lance aujourd’hui un appel aux bonnes volontés pour l’aider à acquérir une nouvelle machine à oxygène, ainsi qu’à toutes les personnes confrontées à la maladie sans moyens suffisants pour en assumer les charges.

benedicteoued@gmail.com
