Santé mentale : l’association Sœur pour Sœur Tond Laa Taaba ouvre ses portes au public.

L’association Sœur pour Sœur Tond Laa Taaba (SPS/TLT) a organisé une journée portes ouvertes le samedi 10 octobre 2026 à Ouagadougou à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.

L’activité visait à permettre à tous.tes de découvrir l’association et ses actions a expliqué sa présidente, Marie Rose Kéré

« Notre structure amplifie la dignité humaine des femmes et des jeunes filles du Burkina Faso (BF) qui souffrent de maladie mentale ».

Des activités centrées sur la prévention et l’écoute.

« Dans un premier temps, nous faisons beaucoup de prévention et de sensibilisation auprès de la population pour expliquer les causes et les conséquences de la maladie mentale. Pour cela, l’association a ouvert un centre d’écoute gratuit, accessible à toute personne désireuse de se faire entendre. Un psychologue y est présent en permanence. Un numéro de téléphone (qui n’est pas un numéro vert) est également disponible pour prendre rendez-vous.

L’association a aussi mis en place une bibliothèque, ouverte à tous, en particulier aux étudiants qui ont besoin d’informations sur la santé mentale. Elle est accessible tous les jours ouvrables, de 7 h à 18 h » a-t-elle ajouté.

Un appel a été lancé

 « Nous invitons toute la population à se faire écouter par des spécialistes, à leur confier ses maux et à se faire accompagner, car c’est utile pour chacun et chacune ».

Un centre d’écoute dirigé par un psychologue.

Clément Lankouandé, psychologue et personne ressource de l’association

accompagne les bénéficiaires et les femmes qui souhaitent être écoutées « Nous recevons des femmes qui ont vécu des souffrances psychiques : deuils non faits, problèmes familiaux, difficultés dans la vie de couple, épreuves inattendues liées à des échecs ».

Il a en outre précisé que l’association accueille toute personne désirant être écoutée « Les problématiques sont de toute nature. L’important est d’offrir une écoute empathique qui aide les femmes à prendre de la distance pour mieux réfléchir à leur situation. Nous sommes davantage dans une logique de conseil, d’accompagnement et d’orientation. Certaines personnes présentent en effet des manifestations ou des troubles psychiatriques ; dans ce cas, nous les orientons vers les services spécialisés pour une meilleure prise en charge ».

Le psychologue a ajouté que cette orientation demande de la motivation « Beaucoup de personnes banalisent le travail préliminaire à effectuer. D’autres, lorsqu’elles prennent conscience qu’elles ont besoin d’aide, ressentent une angoisse importante qui les freine dans leur élan de consulter. Le psychologue s’appuie sur cette étape pour que la personne formule une véritable demande et non une demande liée à l’orientation par un tiers ».

« Être bien dans sa tête, c’est un grand soutien ».

Pour Yvette Ouédraogo, épouse Namoano

, psychologue de formation, le message est clair : « Être bien dans sa tête est un grand soutien qui permet à l’être humain de se sentir encore mieux. Avoir un problème de santé mentale ne signifie pas être faible. C’est exprimer son mal-être et chercher à le résoudre. Il y a toujours des personnes disponibles dans la famille ou l’entourage, ainsi que des professionnels. Ce n’est ni une question de faiblesse ni d’incapacité : c’est une situation que nous pouvons vivre parfois et qui fait partie des réalités de la vie ».

Elle a ajouté « Une femme qui s’occupe de sa famille et de ses enfants peut voir sa vie sentimentale affectée par tous ces éléments. Pour résoudre ces difficultés, il faut avoir le courage d’aller vers des personnes qui peuvent nous écouter et nous aide ».

S’adressant aux femmes, elle a déclaré « Beaucoup de femmes souffrent en silence et beaucoup meurent en silence parce qu’elles ne veulent pas parler sous le poids de la société et par crainte des moqueries du voisinage. Il existe des services discrets où elles peuvent se renseigner et se présenter pour obtenir l’accompagnement nécessaire. L’association Sœur pour Sœur est là ; elle s’est proposée comme garante et fait un grand travail. Avoir de l’estime de soi, c’est aussi être capable d’aller vers celui ou celle qui peut nous aider, car quand on s’aime, on cherche toujours à être bien dans sa peau ».

Le témoignage d’une bénéficiaire.

Assétou Maré

membre de l’association depuis deux ans et mère de cinq enfants, vit actuellement dans le quartier Sakoula de Ouagadougou. Elle affirme avoir beaucoup appris et que sa vie a complètement changé grâce à l’association « L’association nous aide beaucoup. Avant d’en être membre, j’étais dans le besoin et dans des conditions difficiles ; je ne savais pas à quel saint me vouer. Grâce à Dieu et à l’aide de l’association, ma vie s’est beaucoup améliorée et elle continue de me venir en aide. Elle nous sensibilise à adopter une bonne conduite, à bien nous comporter en société et à ne pas nous laisser emporter par l’angoisse. Elle nous aide à nous occuper de nos familles, nous accompagne même dans le travail et subvient à nos besoins. Même nos ordonnances sont prises en charge ».

Elle raconte avoir découvert l’association par l’intermédiaire d’une agente de santé, lors d’une consultation, à la suite de disputes incessantes avec son conjoint qui la battait au point de lui casser un bras et une jambe, et alors que sa santé mentale était fragilisée « Si je disais que l’association ne m’aide pas, je mentirais. Comme j’ai beaucoup d’enfants, je n’ai pas pu rester en famille après avoir quitté mon foyer conjugal en raison de multiples problèmes et incompréhensions. C’était très dur pour mes enfants et pour moi de trouver à manger et je n’arrivais pas à fermer l’œil à cause de ce que je traversais. Grâce à l’association, j’ai la paix du cœur et je vis dans la quiétude ».

benedicteoued@gmail.com

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *