1ère Journée internationale des femmes et des filles autochtones du monde : TIN HINAN la célèbre sous le signe de la paix, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.

Les femmes autour d’un jeu.

On estime à environ 185 millions le nombre de femmes autochtones dans le monde. Leur visibilité et leur reconnaissance sont essentielles pour bâtir un avenir plus durable, inclusif et résilient pour les populations et pour la planète.

Malgré leur rôle central, les femmes autochtones sont confrontées à des inégalités structurelles profondes : pauvreté, analphabétisme, accès limité aux soins de santé et à la justice, exposition à la violence sexiste et à la traite. Moins d’un quart d’entre elles occupent un emploi rémunéré, contre un peu plus de la moitié des femmes non autochtones. Elles connaissent également des taux élevés de mortalité maternelle, de violences obstétricales et de grossesses précoces.

Elles apportent pourtant une contribution inestimable à l’humanité par leurs savoirs ancestraux, leur défense des territoires et des ressources naturelles, ainsi que par leur travail organisationnel, qui renforce les communautés et les économies.

Pour célébrer le leadership et les contributions des femmes autochtones tout en sensibilisant aux défis qu’elles continuent de rencontrer, une journée leur a été dédiée, en signe de mémoire, de justice et de reconnaissance. Elle a été instaurée le 26 novembre 2025 par l’Assemblée générale des Nations unies, dans sa résolution A/RES/80/10, et sera célébrée chaque année le 5 septembre.

Cette journée, saluée par l’ensemble des communautés autochtones mais aussi des états, des groupes de la société civile tels que ILC, les nations unies et bien d’autres a été célébrée par TIN HINAN à travers plusieurs activités qui cadrent avec sa mission et sa vision.

 La Secrétaire générale de l’association, Saoudata Wallet Aboubacrine, l’a expliqué en ces termes : « Nous célébrons ce 5 septembre 2026 la Journée internationale des femmes et des filles autochtones, une journée initiée par les Nations unies. En marge de cette journée, nous menons aussi d’autres activités : nous venons de terminer une formation sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) au profit des femmes et des filles, dans le cadre de notre projet “Réconcilier santé et biodiversité”, du projet ARRAMAT finance en partie par New Frontiers in Research Fund (NFRF)/ NFRFT-2020-00188 ».

Une journée de retrouvailles, de partages et d’échanges intergénérationnels ».

« En plus de la formation aux TIC, des activités dans le cadre du projet « Les femmes pastorales du Sahel en mouvement », financé par la Foundation for a Just Society (FJS). » ont mené des plaidoyers rappelant les droits des femmes et des filles en général, et plus particulièrement ceux des femmes pastoralistes autochtones. Des échanges intergénérationnels ont également eu lieu, portant notamment sur les violences faites aux femmes et aux filles dans ce milieu spécifique.

 Ce furent des échanges très fructueux. Les plus jeunes ont beaucoup appris de leurs aînées, et réciproquement. Dans une ambiance conviviale, des savoirs ont été transmis aux nouvelles générations : transformation des produits alimentaires, préparation du gapal (boisson à base de petit mil et de yaourt ou de lait caillé), préparation du thé, ou encore jeux traditionnels » a poursuivi Saoudata Wallet Aboubacrine

Cette initiative n’est pas anodine, a-t-elle ajouté « Elle a permis aux plus jeunes de se ressourcer et de s’imprégner de leur culture et de leur identité, beaucoup d’entre eux.elles n’ayant pas connu leurs origines parce que déplacé.es avec leurs proches en raison des défis sécuritaires auxquels le pays est confronté. D’autres, né.es dans la capitale, n’ont pas eu non plus la chance de connaître leurs origines, pour la même raison ».

Le thé et le gapal ; les femmes en font et en régalent.

Ces jeux traditionnels ont, selon Saoudata Wallet Aboubacrine, beaucoup de valeur ajoutée « Ils favorisent la relaxation et le bien-être, et permettent aux participants de se libérer de leurs soucis. Ils contribuent aussi à la cohésion sociale, au vivre-ensemble, au pardon et à la paix.  Vous voyez aussi que le genre est respecté, car il y a des hommes et des jeunes garçons qui nous accompagnent et nous soutiennent ; ensemble, main dans la main, nous arrivons à atteindre nos objectifs ».

Une journée très bien réussie et spéciale.

« Notre journée a très bien réussi, elle a surpassé nos attentes et mérite d’être saluée. Grâce à cette occasion inédite, il y a eu des retrouvailles entre différents groupes de nos femmes, et pour une première édition, nous avons beaucoup partagé et échangé. Ce qui est très intéressant, c’est que nous sommes toutes égales quelle que soit notre situation sociale : même celles qui ne se sentent pas très bien se retrouvent dans cette journée, et même les enfants n’ont pas été oubliés. Cette journée a été formidable.

Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour remercier toutes les femmes et les filles ici présentes, qui se sont données la main ; nous nous sommes retrouvées et nous remercions nos partenaires « ARRAMAT et FJS » Dixit Saoudata.

Une formation aux technologies de l’information et de la communication.

Cette journée a également été l’occasion pour les membres de TIN HINAN de se familiariser avec les technologies de l’information et de la communication. C’est Abdoussamad Ag Alhousseini, formateur et informaticien

, qui a animé la formation destinée aux femmes et aux filles de l’association. Il a été assisté par Kalifa AG HAMIDOU et Ghasala MOHAMED. Une forte jeune équipe.

Dans son allocution, il a indiqué avoir abordé les techniques de l’information et de la communication ainsi que l’intelligence artificielle : « Nous avons présenté les types et outils de communication aux membres de l’association, la vigilance et la veille sur internet, la conscience numérique, la rédaction de messages professionnels, ainsi que le fact-checking, qui permet de vérifier si une image est vraie ou fausse.

Les participants et participantes issues des communautés de Banguikogho (Tombouctou/Mali, de Darkoye), des jeunes filles PDIs venant d’autres localités du Faso ont affirmé l’intérêt de participer aux réunions hybrides. Cela renforce leur accès a l’information et leur prise en compte.

 La formation a été assez très riche ; elle s’est déroulée dans une ambiance attractive et interactive, et les participantes y ont activement contribué ».

À l’issue de la formation, les participantes ont été évaluées et se sont dit très satisfaites du contenu. Aicha Wallet

, l’une d’elles, confirme qu’elle a été renforcée en intelligence artificielle, qu’elle a appris à installer des applications et à utiliser WhatsApp, Instagram et Facebook, ainsi qu’à se protéger contre les arnaques en ligne.

« Les populations autochtones se retrouvent dans des groupes spécifiques, avec des modes de vie différents de ceux de la globalité des communautés et c’est ce qui fait qu’un concept spécifique leur est attribué. Par exemple, dans le cas des droits des femmes et des filles, ce sont des droits spécifiques qui existent en fonction de leurs besoins » a précisé Saoudata Walet Aboubacrine.

Origine de la journée

La Journée internationale des femmes et des filles autochtones est célébrée chaque année le 5 septembre pour reconnaître le leadership, les savoirs et les contributions des femmes autochtones dans le monde.

benedicteoued@gmail.com

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