Situation sécuritaire à l’Est : La Tapoa ne sera ni Kidal ni la Lybie.

« Les populations sont dépouillées de leurs biens. Aujourd’hui, les terroristes ont encerclés les villes, les villages, il est difficiles aux gens d’aller récolter ce qu’ils ont pu semer, et la situation est vraiment catastrophique. C’est très difficile de vivre cette situation parce que l’asphyxie arrive de plus en plus. Les banques sont fermées et parties, toutes les institutions financières sont
Parties, il est très difficile pour les commerçants de venir à Ouagadougou ou d’aller à Niamey ou à Cotonou pour nous ravitailler en vivres et en denrées. Il est très difficile pour les femmes, enfants ou toutes les personnes qui sont malades de quitter Diapaga pour venir à Fada qui abrite le CHR (centre hospitalier régional) parce que toute la Tapoa n’a qu’un seul CM ( centre médical) et vivre toute cette situation, c’est vraiment difficile, c’est vraiment compliqué .
Ils ont atteint le summum, cela ne devait pas arriver et comme cela est arrivé, on ne va plus s’assoir pour attendre. Nous allons les affronter au risque de mourir et nous sommes surs que lorsque nous mourrons, nos enfants et descendants continueront le combat et nous sommes surs que nous avons des hommes et des femmes très valeureux dans notre Tapoa qui sont décidés et pour ceux qui connaissent la région de l’Est savent que la Tapoa n‘est pas n’importe qui ; il n’y aura pas le chaos puisque le chaos n’arrange personne .L a Tapoa ne sera ni Kidal ni la Lybie : ce qu’ils cherchent, ils ne l’auront pas, ce n’est pas possible , nous allons libérer cette Tapoa tranquillement » . Dixit Marcel Tankoano, conférencier du jour.

Marcel Tankoano à l’extrême gauche

C’est au regard de cette situation alarmante que Marcel Tankoano et ses pairs, tous ressortissants de la Tapoa ont décidé d’animer une conférence de presse le vendredi 22 octobre 2021 à Ouagadougou.
Marcel qui a confié avoir commencé la lutte(en vue de libérer sa Tapoa) avec ses pairs depuis longtemps, a expliqué qu’ils ne voulaient pas s’organiser sous forme d’association ou sous forme de coalition parce que ces terroristes ne sont pas des organisations du moment qu’ils ignorent leurs noms « Pour ce que je connais, dans ma province, aucune organisation n’a déjà pu venir nous dire voici comment nous nous appelons, voici à quel groupe nous appartenons. A la date d’aujourd’hui, nous avions décidé depuis un moment donné de mener plusieurs actions ».

A la question de savoir comment est partie leur initiative, Marcel qui dit avoir accepté tout ce que l’Etat leur a proposé comme solution depuis 5ans, et qu’il pensait au départ que cet Etat pouvait être leur seul rempart, malheureusement se rendent compte qu’ils ne peuvent plus se fier à cet Etat . C’est pourquoi selon ses dires, ils (Marcel et ses pairs) ont décidé aujourd’hui de prendre leur sécurité en main, d’aller à l’action «  Il (l’Etat) nous avait toujours rassuré que les FDS (forces de défenses) allaient nous sauver, et effectivement, on y croyait jusqu’aujourd’hui et cela fait 5ans que nous avons laissé notre sécurité entre les mains de ces FDS. Nous avons cru lorsqu’ils nous ont dit qu’ils allaient mettre en place les VDP (volontaires pour la défense de la patrie).
Malheureusement, ces derniers n’ont pas été associés comme ce que voulait la population : on ne peut pas demander à 5individus de défendre tout un village, c’est impossible ; on ne peut pas demander à des VDP d’attendre d’avoir l’autorisation de l’armée pour intervenir. Aujourd’hui, nous avons décidé de ne plus attendre ; on a décidé de prendre notre sécurité en main, nous avons décidé d’aller à l’action sans décliner ici les stratégies que nous avons développées parce qu’elles sont déjà sur le terrain ». 

Marcel et ses pairs ont infiltré les groupes terroristes.

«  Je vous informe qu’on a déjà infiltré leurs groupes.
Si les terroristes ont la chance de suivre ce que nous sommes en train de dire ici, qu’ils sachent que nous avons nos membres parmi eux. Moi, je ne suis que l’iceberg que vous voyez ici. Je ne suis que le porte-parole, mais il y’a toute une grande organisation qui est derrière : comment sommes-nous organisés, comment allons-nous avoir les financements ? Ne vous inquiétez pas, on vivait bien avant. A la date d’aujourd’hui, nous sommes très engagés et nous appelons simplement la population à nous rejoindre dans ce combat que nous ne voulons pas mener seuls. Nous pensons que notre sécurité ne doit plus être une affaire de quelques individus parce que ces derniers restent dans les centres villes et ne peuvent pas rejoindre là où sont les terroristes ; ce qui fait qu’on arrive toujours à les avoir puisqu’on sait exactement où ils iront et comment ils vont s’y rendre » dixit Marcel.
Marcel qui a profité de l’occasion qui lui était offerte, s’est adressé aux terroristes en leur disant qu’ils devraient savoir que désormais chaque village est une armée qui les attend  «  nous avons décidés et nous sommes sur le terrain. Nous savons qu’ils communiquent avec des talkie-walkie. Nous avons aussi les compétences pour les contrer et nous allons le faire. Nous avons cette chance d’avoir toujours nos vieux qui sont là, bien sûr, qu’ils ont été chassés, beaucoup sont à Ouagadougou et Fada, ne vous inquiétez pas puisque ces vieux ont toujours cette force que nous ont légué nos ancêtres.
Nous allons utiliser toutes les forces qui sont à notre possession pour contrer ces derniers ».
Cette lutte ne se fera pas sans l’armée foi de Marcel « Nous ne la ferons pas sans l’armée. C’est la raison pour laquelle nous lui demandons de nous appuyer aussi dans notre combat : ce Burkina nous appartient et cette Tapoa est le grenier du Burkina, une source intarissable puisque nous savions qu’il y’a les mines, il y’a beaucoup de parcs animaliers, des falaises. En somme, nous avons tout ce que le Burkina a besoin et si cette Tapoa est appelée à devenir Kidal, nous n’allons jamais l’accepter, et actuellement nous avons cette chance que ceux qui sont avec nous sont des gens décidés, ce sont des gens qui vivent au village et qui ont décidé de se battre. Nous savions que c’est un grand risque pour nous de parler devant vous, mais nous avons décidé de le faire puisque nous savons déjà ce que nous avons préparé sur le terrain et nous savions que ce combat finira bientôt et cela ne sera pas comme les VDP ( nous n’allons pas attendre qu’on nous donne des ordres pour aller au combat, nous allons les affronter ; ceux qui pensent que nous ne pouvons pas faire ce combat se trompent puisque nous avons pris le temps pour se préparer , pour analyser comment ces derniers agissent, comment ils réfléchissent afin de pouvoir les attaquer et je vous dis que le combat a déjà commencé et vous verrez très bientôt les résultats sur le terrain) ».

La population est appelée à la révolte.

A l’heure actuelle, nous avons appelé la population à la révolte, a souligné Marcel « Nous leur avons dit d’arrêter de faire ce qu’ils leur diront de faire (parce qu’ils passaient tout leur temps à parler de cohésion sociale). La population ne doit plus leur être soumise, elle doit arrêter de croire en ces personnes ( parce que ce sont des menteurs ;ce sont des gens qui ont une stratégie déjà élaborée depuis 2003 en utilisant nos FDS , nos dépenses, l’argent du contribuable pour faire tout ce qu’ils sont en train de faire aujourd’hui et nous disons que toutes les personnes qui sont impliquées à l’intérieur seront dénichées. Nous n’allons pas les emmener à la Haute Cour de sécurité. On réglera nos problèmes chez nous à la maison puisqu’ils n’auront pas le temps d’atteindre la justice. Toutes les personnes impliquées seront traquées et nous avons déjà commencé le travail ».

Nous avons déjà des cibles et nous sommes convaincus de remporter ce combat a indiqué Marcel.

En entendre Marcel parler, ils ont déjà des cibles « Nous avons déjà des cibles et nous ne citerons pas leurs noms de peur qu’ils ne fuient. Nous en avons beaucoup, nous avons même pris des contacts avec certains ».
Marcel qui a précisé qu’ils n’avaient même pas le choix que de remporter ce combat, puisqu’ils sont comme un chat acculé « quelqu’un ne peut pas voir un des leurs en train d’être égorger et dire qu’il doit encore attendre. On n’attendra plus ; c’est un devoir pour nous de réussir ce combat et je vous le promets, on le réussira.
Ce n’est pas aujourd’hui que nous avons commencé les étapes puisqu’il y’a longtemps que nous avons commencé ce combat mais au début, on essayait de le mener de façon légale en suivant tout ce qu’il y’a comme institution, comme procédure pour ne pas avoir l’armée et les terroristes sur notre dos. Cependant, on a jugé de stopper avec cette pratique ».

Pour conclure, Marcel a fait comprendre aux hommes et femmes de médias qui voulaient savoir s’ils étaient organisés en structure, qu’ils n’avaient pas de structure «  nous n’avons pas de structure ; notre structure, c’est notre survie ; nous avons envie de survivre. Mais rassurez-vous la structure est très bien coordonnée ; on ne vous donnera pas de nom, on ne se fera pas traquer mais rassurez-vous, nous sommes sur le terrain. Nous faisons un travail très formidable et peut-être si les services de renseignements vont vous dire la vérité, ils vous diront qu’ils nous ont déjà sur le terrain et qu’ils savent déjà que nous faisons un travail formidable ».

benedicteoued@gmail.com

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