La crise sécuritaire que connait le Burkina Faso continue de s’intensifier au vu des mouvements de populations et violations accrues des droits humains, engendrant l’impact le plus dévastateur sur les populations civiles depuis ces dernières années. Les femmes et les enfants, qui constituent 23% et 60% respectivement des personnes déplacées sont les plus touchés (CONASUR, Septembre 2022). Les populations dans leurs fuites se retrouvent dans des conditions extrêmement précaires, confrontées à différentes formes de violences basées sur le genre et à lutter pour leur survie et celle de leur entourage (source : IPBF).
C’est au regard de ce constat que IPBF avec le soutien financier de la Fondation pour une Société Juste (FJS) et à travers le projet « Réponse pour le sahel » a commandité une étude sur la « Situation de la protection et du respect des droits des filles, des femmes de 15 à 40 ans et des défenseur.e.s des Droits humains (DDH) au Burkina Faso ».
Cette étude menée en 2023 dans les zones concernées (régions de l’Est, de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Nord, du Centre), révèle des exactions et le danger vécus par les DDH dans le cadre de leur travail en contexte d’insécurité.
Et lors de cette étude, des recommandations avaient été faites par les DDH à savoir la formation sur la sécurité physique et le secourisme compte tenu des milieux d’intervention des DDH en vue de leur permettre de renforcer leurs capacité en autodéfense et en secourisme ; ce qui leur permettra de venir en aide , d’assister la ou les victimes ( jeunes filles et jeunes femmes et à toute personne vulnérable qui nécessite un secours immédiat » a expliqué la Responsable des programmes à l’Initiative pananetugri pour le bien-être de la femme (IPBF), Wendbénédo Elisabeth Zoundi.
C’est suite à cette étude, que IPBF a décidé d’initié une formation en sécurité physique et en secourisme au profit des DDH, d’où cette formation tenue les 04 et 05 août 2025 à Ouagadougou par la Croix Rouge (qui s’y connait, qui a une forte expérience en secourisme surtout en sécurité physique dans les interventions (selon ses dires)pour capaciter les DDH) en vue de leur permettre d’apporter en cas de besoin, les 1ers secours à une victime dans le besoin et cela va leur profiter puisque ça va leur permettre d’avoir des béabas d’autodéfense pour leur propre sécurité, a-t-elle souligné en précisant que cette activité avait pour objectif général de renforcer les compétences des Défenseur.e.s des Droits humains en autodéfense et en secourisme et d’ajouté qu’il s’est agi spécifiquement de :
Enseigner aux DDH les techniques de base d’autodéfense physique pour se protéger en cas de danger physique ;
Former les DDH en premier secours y compris la réanimation cardio-pulmonaire (RCP), les soins aux blessés et la gestion des situations de crise ;
-Aider les DDH à élaborer des plans de sécurité personnels adaptés à leur contexte pour prévenir les risques et réagir en cas de danger ;
-Mettre en œuvre des séances de soutien psychologique pour aider les défenseurs à gérer le stress ;
– Faire des partages d’expérience ou les DDH pourront discuter des meilleures pratiques en matière de sécurité et apprendre les uns des autres.
Pour ce qui est des attentes de ces DDH, Elisabeth à travers IPBF compte beaucoup sur eux surtout un accompagnement à leur endroit « Nous attendons un soutien, un accompagnement pour les cas de prise en charge des filles et femmes vulnérables. Lorsque nous répertorions les gestions de cas des suivis des personnes vulnérables, on les réfère vers les DDH en cas de besoin d’assistance juridique ».
Des DDH ne cachent pas leur joie puisque cette formation leur a appris les techniques de 1er secours et avec ce qu’ils ont appris, ils promettent (si toute fois l’occasion se présente) de venir au secours aux victimes.
Pour Ousmane Sakandé, Conseiller en droits humains à la Commission nationale des droits humains (CNDH), cette formation est une très belle initiative parce qu’à travers elle, ils ont appris les techniques du 1er secours notamment comment mettre à l’abri une personne en situation de détresse en attendant les soins appropriés « Il s’agit entre autres de mettre la victime à l’abri, de la sécuriser, de gérer sa respiration, sa conscience en attendant que des soins appropriés lui soient inculqués. C’est ma 1ère fois de participer à une formation en 1er secours et je compte mettre en pratique ce que nous avons appris si toute fois l’occasion se présente ».
Tout comme Ousmane, Adeline Faousia Traoré de l’association pour un Monde Meilleur (AMM) a trouvé que cette formation était la bienvenue, parce que très importante pour elle « La formation nous a montré les 1ers secours : lorsque nous faisons face à une victime (victime d’accident ou de malaise), nous devons lui administrer les 1ers soins à apporter pour stabiliser son état de santé en attendant l’arrivée des secours ».
Si un jour elle est en face d’une personne qui est dans une situation de détresse, elle pourra lui apporter son aide en attendant que les personnes les mieux habilitées prennent le relais), a-t-elle confié fièrement.
Retour sur la formation avec Amédée Gilbert Zouré, Instructeur sécouriste au niveau de la Croix Rouge burkinabé.
La formation a concerné au 1er secours, c’est-à-dire tout ce que vous rencontrerez en salle ou en circulation et on vous demandera d’intervenir sur ces cas.
Nous avons abordé plusieurs modules « La formation, c’est d’abord les 1ers gestes que le volontaire doit appliquer sur le terrain et en secourisme, on invite les gens à avoir le sang froid : il ne faut pas intervenir et regretter après et il faut avoir tous les bagages en secourisme pour pouvoir intervenir et dans ce cas, nous leur avons montré certains gestes par rapport à leur comportement sur le terrain ».
Nous avons vu la conduite à tenir lors d’un accident, les 5étapes ; comment intervenir et nous ne sommes pas habileté à déclarer la mort d’une personne. Et retenez que seuls les agents de santé sont habiletés à déclarer la mort d’une personne. En tant que secouriste, notre rôle, c’est de mettre la victime en position d’attente et attendre les secours.
L’Initiative Pananetugri pour le Bien -être de la Femme (IPBF) est une organisation féministe créée en 2011 par la volonté d’un groupe de femme engagées pour un changement significatif de la condition féminine.
L’IPBF, dans la mise en œuvre de son plan stratégique, fait du leadership des jeunes filles et femmes son chantier de bataille pour l’émergence d’une génération de jeunes filles et jeunes femmes conscientes des défis et capable de développer des aptitudes multidimensionnelles pour bâtir une vie épanouie respectueuse de leurs droits. La promotion, le respect des droits et l’épanouissement intégral de la femme sont au cœur des activités de IPBF. A cet effet, IPBF est promotrice des droits socio-sanitaires, du développement et de l’épanouissement des filles et des femmes.
L’IPBF mène des recherches, études, conduit les actions d’information, de formation et de plaidoyer dans le but de vulgariser et rendre accessible à tout.es les informations sur les droits des jeunes filles et jeunes femmes, la santé sexuelle et reproductive, les violences sexuelles et sexistes et basées sur le genre.
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