Journée internationale du détenu: L’AFAP et l’APA aux côtés des femmes et des mineurs de la MACO.

‘’Le 18 juillet se veut une journée spéciale pour tous les détenus du monde en général et ceux du Burkina Faso ‘’BF’’ en particulier. L’APA, nous le savons tous joue un rôle d’assistance des détenus, en témoigne la commémoration de cette journée qu’elle perpétue chaque année pour le bonheur des centaines de détenus de la MACO’’ Dixit le Représentant du Directeur General de l’administration pénitentiaire, l’inspecteur de sécurité pénitentiaire principal, Claude Ouédraogo.

La maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou ‘’MACO’’ a abrité en son sein la Commémoration de la journée internationale Nelson Mandela pour les droits des détenus le lundi 18 juillet 2022.

La tenue de cette journée encore appelée ‘’Journée du détenu’’, a été possible grâce à L’Association Pénitentiaire africaine ‘’APA’’ en collaboration avec l’amicale des femmes de l’administration pénitentiaire ‘’AFAP’’ et a pour objectif selon les organiseurs de fédérer les forces, les énergies afin de redonner un temps soit peu le sourire a ces centaines de détenus de la plus grande prison du BF.
‘’C’est une tradition pour l’APA ‘’qui ’ existe depuis 1996 au BF et depuis cette date, elle a toujours travaillé auprès des acteurs de la justice en général et des services pénitenciers de façon globale spécifiques’’ qui apporte sa pierre à l’édification d’une nouvelle mentalité pour les prisons et les prisonniers du BF’’ a expliqué le Secrétaire ‘’SG’’ Général de l’APA, Issa Traoré et d’ajouter que cette journée avait pour objet non seulement de promouvoir des conditions de détention humaines, mais aussi de sensibiliser l’opinion sur le fait que les personnes détenues continuent de faire partie de la société et c’est pourquoi , selon lui, nous devons tous avoir mieux que maintenant , un regard bienveillant pour cette frange de la société.
Pour le Contrôleur de sécurité pénitentiaire Binta Sore, cette journée est célébrée en vue de maintenir la paix, de promouvoir les valeurs incarnées par Nelson Mandela c’est-à-dire des valeurs sur le respect des droits des détenus sur les droits de l’homme, des valeurs sur l’égalité et les diversités culturelles ‘’ Nous nous sommes lancés dans cette lutte parce que pour nous, l’objectif de l’emprisonnement , c’est d’emmener le détenu à changer de comportement et à être utile pour la société . Donc étant en prison, en détention, il peut se relever, il peut apprendre un métier et la preuve en est que dans la plupart des établissements pénitentiaires, il y’a des ateliers qui sont créés, du personnel spécialisé et du personnel d’encadrement’’.

Les droits des femmes sont respectés à la MACO ; cependant, on peut encore faire mieux.

‘’ La MACO ; c’est un cas spécifique puisqu’elle est la plus grande maison et on a l’habitude de dire que la MACO en elle-même et en elle seule est le Résumé de tous les problèmes de toutes les maisons d’arrêt et de correction au BF, et qui met les pieds ici, peut dire qu’il a mis les pieds dans toutes les maisons d’arrêt et de correction du moment qu’il reflète le résumé de toutes les difficultés que vous avez partout’’ Dixit Issa Traore.
Les droits des femmes sont respectés mais on peut encore faire mieux et c’est toute la raison de notre combat a souligné Issa ‘’ Lorsque vous arrivez au quartier des femmes, vous vous rendez compte tout de suite qu’il y’a beaucoup de choses qu’on peut parfaire et qu’on doit parfaire du moment qu’il y ‘a beaucoup de besoins exprimés par les femmes ; il s’agit entre autres de problèmes de toilettes, de problèmes de vie des nourrissons avec leurs mamans qui sont mélangées aux autres femmes détenues et cela fait que la vie n’est pas du tout facile pour ces dernières.
Issa qui a dépeint les conditions de détention des femmes, a en outre précisé que son association qui est une association de veille doit conscientiser aussi l’opinion afin que le détenu soit aujourd’hui au centre des préoccupations des populations ‘’ le détenu doit être une préoccupation pour les populations parce qu’il fait partie de la société et il va y retourner. Donc, on a tous intérêt à ce que ça change ; sinon, si ça ne change pas, tout le monde aura les peaux cassées. Le plus souvent, on pèche par ignorance et on se dit qu’en sensibilisant la population, elle peut avoir un autre regard vis-à-vis des détenus. La détention est un problème de société qu’il faut traiter au même titre que lorsqu’un malade entre à l’hôpital’’.
Abordant dans le même sens que son prédécesseur, le contrôleur de sécurité pénitentiaire, Binta Soré reconnait elle aussi que les besoins spécifiques des femmes et des mineurs sont pris en compte même si cela est insuffisant.
Tout comme issa, elle a relevé certaines insuffisances à améliorer. Il s’agit entre autres de l’alimentation, de la détention des femmes enceintes et des femmes mères ainsi que des jeunes filles qui sont dans les mêmes locaux que les autres femmes.
En ce qui concerne l’alimentation, elle est revenue sur les règles internationales prévues qui stipulent qu’on doit prendre en compte les spécificités liées a la condition des femmes et des détenus ‘’ A ce niveau, on améliore leur alimentation’’.
Pour ce qui est des détenues femmes qui ont avec elles leurs enfants, c’est vrai que l’action sociale intervient en donnant un coup de pouce ; cependant, beaucoup reste à faire ‘’ lorsqu’on parle de locaux, ici au BF, l’assainissement est collectif, les cellules posent problème et pourtant les textes ont prévu que les femmes enceintes, les femmes qui ont des bébés et des nourrissons doivent être séparés des autres femmes ; ce qui n’est pas le cas pour le moment. C’est pourquoi nous demandons vraiment aux autorités de s’investir pour le respect de ces droits des femmes’’.
Pour le cas des jeunes filles incarcérées, Binta a souhaité qu’elles soient séparées des autres du moment qu’elles ne sont pas de la même génération et n’ont pas les mêmes besoins.

La représentante des femmes détenues se prononce.
‘’Cette journée représente beaucoup pour nous parce que nous avons suivi l’histoire de Nelson Mandela. Nous pensons que nous devons prendre Nelson Mandela comme référence, c’est très important et chaque détenu doit prendre Nelson Mandela comme référence dans sa vie’’.
Cette femme qui a précisé qu’il existe de très bons rapports entre femmes GSP ‘’gardes de sécurité pénitentiaire’’ et femmes détenues, a lancé un cri de cœur a l’endroit des autorités pénitentiaires afin qu’elles soient plus regardant envers les dossiers des femmes à la justice ‘’ c’est vrai que nul n’est au-dessus de la loi, mais les dossiers perdurent et prennent beaucoup de temps et on remarque aujourd’hui que beaucoup de femmes qui viennent en détention, repartent sans foyer.
Il y’a aussi le volet réinsertion sociale en initiant des séances de formation, de rééducation a l’endroit des filles pourque les femmes et les filles puissent s’en sortir une fois libérées’’.
L’APA en guise de conclusion, a invité les personnes détenues a s’approprier la citation de Nelson Mandela qui dit que ‘’ la plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever a chaque chute’’, puisque pour elle, être en prison est une chose, mais pouvoir reprendre en main sa vie après la prison est la chose la plus essentielle.

En rappel, c’est en 2009 que l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de faire du 18 juillet de chaque année, jour anniversaire de la naissance de Nelson Mandela, la ‘’ journée internationale de Nelson Mandela’’ afin de célébrer les 67 années de militantisme de ce leader sud-africain de la lutte anti-apartheid, en faveur des droits de l’homme, de l’égalité, de la démocratie et de la promotion d’une culture de paix.
En décembre 2015, en souvenir des 27annees de prison de Nelson Mandela, cette même Assemblée générale a étendu la portée de la célébration de la journée Nelson Mandela au milieu carcéral, afin de promouvoir des conditions de détention humaines, de sensibiliser l’opinion au fait que les détenus continuent de faire partie de la société et de reconnaitre l’importance particulière du travail social accompli par le personnel pénitentiaire.
Depuis lors, la journée internationale Nelson Mandela est également appelée journée internationale des détenus.
Cette journée a connu la participation d’artistes venus égailler le public en le tenant en haleine. La photo de famille a mis fin à ladite cérémonie et un repas communautaire a été servi.
Des vivres, des kits pour femmes et enfants aux été remis aux détenus.

benedicteoued@gmail.com

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