Historique du chapeau de Saponé selon son Excellence Naaba Sigri.

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C’est au 14ème, 13ème siècle effectivement que le chapeau a été inventé. Le   1er laboratoire de ce pays en matière de recherche et d’invention se trouve ici à Saponé à travers le chapeau. Lorsque Naaba Kouda a quitté Ouagadougou pour se diriger vers le Sud en vue de conquérir cette partie qui était envahie, et lorsque des émissaires ont été mandatés pour le retrouver, on leur avait dit de raser la tête du Chef une fois qu’il serait retrouvé et c’est ce qui a été fait. Et comme la tête d’un Chef ne doit pas être vide, mais plutôt protégée, Naaba Kouda s’est demandé comment il se protègera la tête.
Pendant qu’il se posait la question en vue d’une éventuelle solution, on lui a fait savoir que tout près de lui, se trouvait une personne qui était en train de tisser « un truc en paille ». Et cette personne s’approchant du Chef qu’il serait très heureux de lui offrir ce qu’il fabriquait si toute fois il ne trouvait pas d’inconvénients et le chef l’accepta avec plaisir, le prit et l’utilisa pour se protéger en couvrant sa tête, et c’était le bonnet du chef, et au fil des temps, ils ont changé, il y’a eu beaucoup de formes qui sont arrivés à ça. Et lorsqu’il (chef) s’est enfilé, il s’est retourné et il a dit à ce dernier, «  tu as honoré le chef, je donne ma bénédiction, il sera un objet de paix, un objet de tolérance, d’amitié et de cohésion sociale parce qu’on ne peut jamais s’arrêter sous le soleil pour résoudre un problème sauf à l’ombre, voilà ce qu’il a donné comme bénédiction et que des générations et des générations, vont en bénéficier de toutes ces paroles et de l’objet ».
Celui qui est tolérant aujourd’hui, c’est celui qui se repose à l’ombre, celui qui recherche la paix , on ne discute jamais de paix au soleil celui qui veut lier une amitié avec un ami, il faut sous l’ombre «  Voilà vous êtes venus on est en train de parler de cohésion sociale, il faut se mettre à l’ombre pour chercher la solution à votre problème du passé, du présent et de l’avenir  et lorsque en 2009, j’ai émis l’idée de coller un nom, un patrimoine à ce chapeau de Saponé , d’abord c’était un nom géographique, en matière de propriété intellectuelle, on m’a dit non, on va le labéliser, donc en 2016, le dossier ne bougeait pas mais lorsque j’ai été intronisé en 2016, j’ai essayé de réveiller le dossier, on l’a poursuivi et jusqu’à sa labélisation en 2020 et c’est la fierté du Burkina ».
Cet outil, cet objet, là où il rentre, il fait la fierté d’un Burkinabé et ça fait la fierté de tous ces habitants qui sont dans la commune et il vient en 3ème position après le Faso Danfani et le drapeau national (qui coiffe le tout)

« Ce chapeau de Saponé fait la fierté de tout citoyen, ce que je vais vous dire, le chapeau est tout un symbole c’est un objet qui parle de lui-même »

Comment se fait la transmission de ce savoir.
Ce savoir est transmis de génération en génération depuis son invention, son innovation et toute personne peut apprendre à le fabriquer si toute fois il veut à condition qu’il ne veuille pas s’enrichir dans l’immédiat, si non, il ne pourra pas le fabriquer.
Et parlant de relève, là où l’homme a péché, la femme relève le défi «  Les gens ont voulu abandonner le chapeau de Saponé mais ce sont les femmes qui ont incité les hommes à continuer l’œuvre de notre ancêtre. Si je fais appeler les femmes tout de suite, elles sortiront nombreuses et rempliront tout le hangar et ce sont elles qui ont continué, qui ont pris la relève de la fabrication du chapeau de Saponé aujourd’hui avec les hommes ».
benedicteoued@gmail.com

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