Droit au travail sécurisé des femmes et jeunes filles de ménage/domestique : L’Association Alliance féminine (Afem) et ses partenaires se penchent sur cette question.

« L’association Alliance féminine (Afem) a constaté qu’il y’a beaucoup de femmes qui mènent des activités de nettoyage, de lessive et de restauration dont leur travail n’est pas sécurisé du fait qu’elles ne bénéficient pas de formation professionnelle » Dixit la présidente de Afem, Gisèle Dabré/Tiendrébéogo.

C’est au regard de ce constat peu reluisant, que Afem et ses partenaires ont décidé d’organiser un atelier le mardi 28 septembre 2021 à Ouagadougou a expliqué Gisèle.
L’objectif de cet atelier consiste à mettre en place une feuille de route pour un plaidoyer auprès des décideurs, des leaders d’opinions afin que des textes soient pris ou mettre en œuvre des textes pour vraiment sécuriser leur travail pour que ce soit un travail de long terme et non pas éphémère ; ce qui leur permettra vraiment de vivre de ce travail, a-t-elle poursuivi «  parce que nous savons que cela se fait ailleurs. Et chez nous aussi, ces femmes peuvent bien vivre de leur travail, peuvent s’occuper de leurs enfants, de leurs familles et peuvent se soigner. Leur travail peut être un travail décent, sécurisé et assuré ».
Elle a en outre précisé que l’objectif 1er du projet étant d’abord de faire un plaidoyer auprès d’institutions et de personnes de bonne volonté afin qu’elle (association) puisse faire en sorte que ce travail soit sécurisé, le 2ème objectif quant à lui consiste à permettre à ces femmes (de ménage/domestiques) de bénéficier de formation professionnelle a-t-elle ajouté « et l’Afem compte accompagner ces femmes dans la recherche de l’emploi et dans l’auto-emploi dans ce métier ».
Et parlant de « sécurisé », pour Gisèle, « Sécuriser signifie un travail décent qui n’est pas temporaire ;  parce que généralement, on constate que le travail de ces femmes est éphémère ; elles sortent par jour pour chercher à laver les habits, à nettoyer les maisons sans savoir pour autant si demain elles auront un autre travail, si elles seront rémunérées. Vraiment, leur travail n’est pas sécurisé et il y’a beaucoup de femmes vulnérables, déscolarisées et non scolarisées qui sont dans ce domaine ».
Mariam Ilboudo/Ouédraogo 2ème adjointe au maire de la commune de Saaba, et présidente de la présente cérémonie pour abonder dans le même sens que Gisèle, a indiqué que cet atelier consistait en outre à regrouper les différents acteurs pour faire un plaidoyer sur la sécurisation des droits des femmes de ménage «  ils vont débattre sur la sécurisation de travail des femmes et jeunes filles vulnérables  puisque vous savez que les filles et les femmes travaillent dans les domiciles et souvent sont un peu délaissées , marginalisées ou maltraitées. Donc, l’association a pris la décision de les accompagner afin que leur travail soit sécurisé ».
Et pour accompagnement de la part de la mairie, Mariam a rassuré Gisèle du fait que sa structure accompagnera Afem dans leurs actions «  on va essayer de faire des plaidoyers pour que les gens puissent vraiment les prendre en compte ; c’est ce que nous pouvons faire comme accompagnement ».
Et de dire qu’en ce qui concerne leurs attentes (Mairie) «  c’est qu’au sortir de cet atelier, les gens puissent vraiment accompagner les femmes de ménage dans leurs activités, que leur travail soit vraiment pris en compte et que ce soit sécurisé ».

Une étude d’évaluation doit être menée en vue de déterminer le nombre exact de ces femmes et filles de ménage/domestiques.

« Nous avons un document d’état des lieux ; pas une étude en tant que tel sur la situation des femmes. Une étude sera la bienvenue. Notre plaidoyer sera destiné aux décideurs, aux membres du gouvernement, à l’Assemblée nationale et aux députés, à tous ceux qui peuvent aider, accompagner à prendre des textes, des décisions pour améliorer le travail de ces femmes vulnérables qui sont partout ailleurs au Burkina Faso (BF) a souligné Gisèle».
Les femmes et filles de ménage/domestique étant nombreuses, Gisèle a souhaité de tout cœur qu’une étude soit menée en ce sens en vue de les évaluer et de connaitre exactement leur nombre et cela pourrait ressortir dans les plaidoyers, a-t-elle dit toute confiante « Peut –être qu’on pourra toujours demander au partenaire financier d’appuyer une étude dans ce sens même si on dispose d’un document sur la situation des femmes et notre plaidoyer sera destiné aux décideurs , aux membres du gouvernement , à l’Assemblée nationale et aux députés, à tous ceux qui peuvent aider, accompagner à prendre des textes, des décisions pour améliorer le travail de ces femmes vulnérables qui sont partout ailleurs au Burkina Faso (BF)» .

Des plaintes aussi bien de la part des employeurs que de celles des employeurs sont enregistrées.
A la question de savoir si l’association a déjà enregistré des plaintes, Gisèle a répondu par l’affirmatif « Dans le cadre de nos activités, nous avons déjà enregistré de façon informelle des plaintes : Je sais que nous avons déjà l’expérience. Les femmes employées aussi bien que ceux qui les emploient se plaignent : Les femmes dans les ménages se plaignent parce que selon leurs dires, leur travail n’est pas sécurisé et tandis que du côté de leurs employeurs ; ces derniers qui trouvent qu’elles ne sont pas professionnelles, ne les payent pas bien ; ce qui joue sur la rémunération de ces femmes ».
Ce qui veut dire qu’il y’a un travail à faire de part et d’autres, a-t-elle expliqué «  il y’a un travail à faire, il faut que ces femmes soient formées pour pouvoir produire un travail de qualité, un travail professionnel afin qu’elles puissent être bien rémunérées ; ce qui leur permettrait de bien s’occuper de leurs familles ».
Ces femmes et filles sont les femmes du quartier, celles qui font le ménage, le nettoyage, la lessive ; toutes celles qui vont dans les domiciles pour travailler, pour aider dans le ménage, a-t-elle conclu «  Ce n’est pas seulement les femmes ou filles (comme on aime le dire les bonnes, les nounous) chez leurs employeurs. Il y’a aussi   les femmes qui font le nettoyage, qui assurent la lessive, qui sont des femmes de ménage parce qu’elles sont là pour aider dans les domiciles, dans les familles ».
benedicteoued@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *