1ère édition de la foire handicapable : Promouvoir l’inclusion et le genre à tout prix.

« Je crois que marginaliser une composante ou une communauté relève d’une affaire d’éducation. D’abord, c’est un appel que je lance à toute la communauté burkinabé , à toutes les personnes humaines ( éprises de justice sociale qui se fixent pour objectif de promouvoir les droits humains) de pouvoir considérer tout être humain comme tel et pouvoir respecter leurs droits parce que pour moi, le handicap peut survenir à tout moment : On peut développer un handicap au cours de sa vie, on peut être avec le handicap ; on peut aussi avoir un handicap au cours de la vie à l’issu d’un accident ou tout autre évènement malheureux. On peut se retrouver soit perdre la vue, les membres et bien d’autres organes qui puissent nous mettre dans une situation de dépendance par moment quoique tous les handicaps ne font pas de ces personnes des personnes totalement dépendantes » Dixit Martine Yabré, une des marraines de la foire handicapable.

Du 02 au 06 mars 2022 se tiendra du côté du Monument de la paix (sise dans le quartier Tampouy de Ouagadougou), la 1ère édition de la foire handicapable .

Cette foire regroupe 17 personnes atteintes de handicap, des personnes handicapées qui font de l’artisanat , c’est-à-dire des personnes qui savent faire quelque chose avec leur dix doigts a confié la promotrice de la foire Rasmata Konfo et de préciser que cette foire avait pour objectif de permettre à ces personnes d’avoir de la visibilité parce qu’elles n’ont pas la chance de participer à de grandes vitrines comme le SIAO (salon international de l’artisanat de Ouagadougou) ou le FESPACO (festival panafricain du cinéma de Ouagadougou) et d’autres évènements.
Ce qui l’a le plus pousser à organiser un tel évènement, Rasmata selon ses dire a souligné que les personnes atteintes de handicap sont toujours marginalisées « Nous sommes marginalisées. C’est la raison pour laquelle j’ai essayé de voir avec elles pour la 1ère édition afin d’emmener les autres à s’allier à nous pour apprendre un métier.
Du 02 au 06 mars 2022, chaque personne viendra exposer son savoir- faire, et il y’a des artistes qui ont décidé de nous accompagner sans rien attendre   puisque nous n’avons pas de moyens et nous vendons de la farine et de la pâte d’arachide et autres produits de meilleure qualité.
Nous sommes au nombre de 17 ; on demande aux bonnes volontés de nous accompagner pour que l’année prochaine nous soyons plus nombreuses ».
Pour Martine Yabré, c’est un devoir pour elle de soutenir la promotrice « Pour moi, c’est un devoir humain et en tant qu’humain, de m’intéresser à tout ce qui peut contribuer à l’épanouissement de l’humain.
En tant que femme, lorsqu’une femme entreprend quelque chose, j’ai un devoir moral d’être solidaire avec cette dernière.
Cette initiative est une initiative noble, une cause noble de voir une personne vivant avec un handicap qui prend sur elle la responsabilité avec toute son équipe de promouvoir les potentialités des personnes qui vivent avec un handicap. Cela veut dire qu’il y’a cette vision de trancher avec cette façon de voir , cette vision, cette perception du handicap, et c’est pour nous un devoir en tant qu’actrice engagée sur les questions d’inclusion et de promotion effective du genre dans notre communauté de pouvoir accompagner ces genre d’initiative , ne serait-ce que par notre présence ,par nos conseils et de tout autre moyen pour que nous puissions mettre à leur disposition pour consolider ce qu’elles font ».
Martine Yabré qui est déjà engagée aux côtés de cette population vulnérable, a invité les partenaires financiers, la communauté burkinabé afin qu’ils puissent vraiment se mobiliser et soutenir ces genres d’initiative «  A ma qualité de marraine, c’est un honneur pour moi de m’associer à cette initiative et de lui dire que nous sommes là et nous remercions toutes les personnes et structures qui ont cru en elles et qui ont accompagné cette initiative et de souhaiter qu’il y’ait d’avantage de solidarité autour de cette initiative afin de garantir un plein succès pour la 1ère édition mais surtout pour les éditions à venir ».

Des exposantes se prononcent.
Adama Kouanda, promotrice de sacs à main à base de nattes( 65856574) , selon ses dires a commencé à vendre les sacs (faits à base de nattes à coucher) il y’a deux ans et la fabrication de ces sacs en décembre 2021.
Elle a confié avoir appris à fabriquer ces sacs en moins d’une semaine (trois jours) chez une femme qui habite le quartier Rimkièta (un quartier de Ouagadougou) et de poursuivre qu’elle achetait les nattes au marché de Sankariaré à 1750Fcfa l’unité et les sacs sont vendus à des prix allant de 750 à 1750Fcfa « et nous pouvons fabriquer 10 sacs en une journée ».
Adama dit avoir rencontré des difficultés surtout d’ordre financières «  manque de moyens : si tu prends plusieurs nattes, tu as bénéfice par rapport à si tu achètes deux à trois nattes » et d’ajouter que ses clients étaient au nombre de trois qui viennent prendre ses sacs en prix en gros et des clients qui prennent en détail aussi.
Tout comme Adama, Rasmata Ouédraogo (70189659) selon ses dires, est aussi confrontée à des difficultés, surtout le manque de moyens pour mener à bien ses activités.
Cette femme qui n’a pas eu la chance d’aller à l’école, a eu la chance d’apprendre un métier (dans un centre) grâce à ses parents « Comme je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école, mes parents m’ont mis dans un centre et c’est là-bas j’ai appris à faire les colliers et à m’occuper des animaux ».
Cela fait presque 20ans que je suis dans la confection des colliers a-t-elle conclu « Il y’a plusieurs sortes de perles comme Koffi et la plupart des perles que j’utilise viennent du Niger, de la Guinée, du Ghana et les prix sont de 2500 FCFA, 3000Fcfa et 5000Fcfa ».

benedicteoued@gmail.com

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