L’Assurance agricole: Une solution efficace face aux changements climatiques.

Les journalistes en immersion médiatique.

L’agriculture occupe une place centrale dans l’économie du Burkina Faso. Mais, elle est essentiellement composée de petites exploitations familiales de cultures vivrières pluviales, qui l’expose aux conditions pluviométriques irrégulières que connait le pays. Dans le cadre des activités de prévention et de gestion des risques climatiques du PAM, des sorties d’immersion médiatique sur le terrain sont organisées dans les régions du Bankui et du Guiriko, en vue de rencontrer les parties prenantes et les bénéficiaires. Ces sorties terrains ont eu lieu du 1er au 05 décembre 2025.

L’agriculteur génère 25% du Produit Intérieur Brut(PIB) et occupe près de 80% des actifs (DGESS/MAAH, 2020). Elle alterne ainsi fréquemment les « bonnes » et les « mauvaises » récoltes, avec parfois des années extrêmement difficiles lors des épisodes de sécheresses sévères dans le pays (International Disaster, 2020). Dans ce contexte, les agriculteurs burkinabè, apparaissent fortement vulnérables. C’est le cas des femmes dont la situation est relativement fragile dans les zones rurales du pays.  

Or, l’exposition de l’agriculture Burkinabè aux aléas pluviométriques risque de s’accentuer à l’avenir avec les conséquences du changement climatique global dans la région du Sahel qui laissent présager une plus grande variabilité des précipitations ainsi qu’une augmentation de l’intensité et la fréquence des épisodes de sécheresses sévères (GIZ, 2020 ; GIEC, 2022) (Source : PEP (Partnership for economic policy. C’est au regard de tous ces aléas que le Programme alimentaire mondial (PAM) vient en appui au gouvernement pour accompagner les producteurs à sécuriser leurs productions à travers le transfert du risque appelé assurance agricole.

Dans le cadre des activités de prévention et de gestion des risques climatiques du PAM, des sorties d’immersion médiatique sur le terrain sont organisées dans les régions du Bankui et du Guiriko, en vue de rencontrer les parties prenantes et les bénéficiaires. Ces sorties terrains ont eu lieu du 1er au 05 décembre 2025. Dans la région du Guiriko, pour ce qui est de l’assurance agricole, c’est principalement la zone de Toussiana qui a été visitée.

Le PAM vient toujours en appui au gouvernement et s’aligne sur les orientations du gouvernement à pouvoir mener des actions dans le sens de la résilience, a précisé l’Assistante programmes au niveau du PAM, Rasmata Sankara, de l’unité chargée du financement des risques climatiques. « Au niveau du PAM, nous avons un programme appelé ACREM que nous mettons en œuvre avec le programme KAFA4R. Dans ce programme, nous accompagnons les agriculteurs et les petits producteurs vulnérables organisés en sociétés coopératives et nos cibles sont les bénéficiaires du projet KAFA4R, projet d’appui à la filière agricole dans les quatre régions que sont les régions du Guiriko, de Tannouya, du Djoro et du Bankui. Ce sont les producteurs/trices de KAFA4R que nous appuyons à travers la micro assurance agricole. Nous avons signé un contrat avec l’assureur Yelen.  Dans ce contrat, Yelen doit assurer la sensibilisation des bénéficiaires pour leur expliquer ce qu’est l’assurance agricole afin de susciter une adhésion pour l’assurance agricole. Aussi, Yelen assurance doit également faire des enrôlements et au cours de ces enrôlements, il doit s’assurer que les bénéficiaires qui ont été identifiés sur la liste communiquée par Yelen sont effectivement les bénéficiaires qui sont sur le terrain et en plus de cela, s’il y’a des informations complémentaires telles que les numéros d’identité des bénéficiaires, s’il y’a également le contact téléphonique à compléter, Yelen doit compléter ces informations. Parce qu’en cas de déclenchement, en cas d’indemnisations, Yelen doit pouvoir envoyer l’indemnisation à travers Orange money sur le compte des bénéficiaires », explique madame Sankara.

Pour ce qui concerne la paye des primes d’assurance qui s’élève à 15OOO FCFA subventionnée par le gouvernement  à 50% et, par le PAM à 50%  à travers l’offensive agrosylvopastorale, le producteur qui est bénéficiaire ne paye rien du tout, selon madame Sankara. « C’est l’État  et le PAM qui assurent la souscription pour le bénéficiaire à 50, 50% et les spéculations concernées sont de neuf (le maïs, le sorgho, le mil, le soja, le sésame, l’arachide, le niébé, le riz, le coton) ; surtout les céréales les plus consommées au BF » souligne-t-elle.

Elle ajoute que les produits d’assurances sont une façon de transférer le risque. Cela, Comme ne pouvant pas empêcher la survenue du risque, cela est porté par une tierce personne qui est Yelen assurances, chargé de donner une compensation aux producteurs.trices, à  travers l’indemnisation  tout en permettant de juguler d’une manière ou d’une autre les effets qui ont été observés.

Rasmata a, en outre, souligné que depuis plusieurs années, le PAM intervenait dans la micro assurance agricole. De son point de vu c’est la 1ère année dans le Grand-Ouest « Nous travaillons en consortium avec le KAFA4R qui intervenait déjà dans cette zone. C’est pourquoi, nous nous sommes appuyés sur les bénéficiaires dans le cadre de leur ciblage. Nous avons un sentiment de satisfactions : au début, nous avons prévu pour cette campagne, 15000 producteurs/trices, nous sommes allés à plus de 14000 producteurs/trices et  avec un calcul rapide, nous sommes à plus de 95% de réalisations », fait-t-elle savoir.

Pour Rasmata, le PAM est plus que satisfait puisque, lors des échanges avec les producteurs.trices à Nyanaba, ont indiqué avoir un sentiment de confiance parce que dans la zone, car parfois confrontés aux inondations, aux poches de sécheresse après les premiers semis. « Avec l’assurance agricole, ils sont plus confiants puisqu’en cas de survenue de sècheresse ou d’inondations, il y a un assureur à coté qui peut assurer la compensation à travers l’indemnisation. C’est un sentiment de satisfaction en écoutant les bénéficiaires de l’assurance agricole pour cette campagne 2025 », se réjoui Rasmata Sankara.

Des bénéficiaires se sont prononcent

Mère de trois enfants, membre de la coopérative Evené (basée à Nyanaba à Toussiana et qui compte 25membres), Sétou Barro/Coulibaly

a bénéficié de l’assurance agricole. Elle reconnait les bienfaits de celle-ci et confie que cette assurance l’a beaucoup aidé. « Je tiens à remercier le PAM et l’Etat pour tout ce qu’ils ont fait pour nous. Leur aide nous a fait du bien parce qu’auparavant, on ne savait pas comment améliorer nos cultures. Depuis qu’on est avec eux, ils nous ont montré comment rentabiliser nos cultures et comment bénéficier dans nos cultures et surtout comment faire pour être dédommagées en cas de fortes pluies ou de sécheresse à travers l’assurance agricole qui supporte le risque. On cultive le riz, du maïs, du haricot, du fonio, du pois de terre et nous vendons aux commerçants. Lorsque j’ai souscrit à cette assurance ; j’ai fait 2Ha (1Ha de maïs, ½ Ha d’arachides et ½ Ha de haricots. L’année passée, nous avons semé du maïs. Malheureusement avec la forte pluie, tout a été emporté (le riz, le haricot) et on a été confronté à de nombreuses difficultés.Cette année avec l’assurance, nous n’avons pas eu assez de problèmes. Avec l’assurance et grâce à Dieu, comparé aux deux ou trois années antérieures, tout se passe bien, on arrive à manger, à scolariser nos enfants et nous sommes dans de bonnes concessions ».

Tout comme Sétou, le producteur du riz, d’arachides, du maïs, du fonio, du haricot, Seydou Barro

a souscrit à l’assurance agricole. Elle confie avoir souscrit à l’assurance agricole parce qu’il ne doute pas de ses bienfaits. « Étant agriculteur, tu mets tout en œuvre pourque tout marche et comme tu ne peux pas empêcher les catastrophes naturelles de survenir, tu sais que tu ne perdras pas si toute fois tu souscris à l’assurance agricole puisque tu auras forcément un accompagnement, une indemnisation à la hauteur de ce que tu as investi. Dans la zone, il n’y a pas mal de difficultés. L’année dernière, nous avons cultivé du riz et à notre grande surprise, il a tellement plu qu’il y’a eu inondations dans le champ. Si on était assuré à l’époque, on allait être dédommagé. Il arrive souvent que nous soyons confrontés à des poches de sécheresse. Et nous n’avons rien payé pour bénéficier de l’assurance agricole, nous n’avons payé aucun franc puisque c’est le gouvernement et le PAM qui ont tout pris en charge. Nous ferons de notre mieux pour ne pas décevoir ceux qui nous accompagnent dans le cadre de ce projet pour étayer ce que dit l’adage : Si une personne te lave le dos, fais l’effort de te laver ta face », raconte Seydou Barro

Pourquoi souscrire à Yelen assurances ?

Yelen assurance, selon le Chef d’agence de Yelen assurances, à Bobo Dioulasso, Yssouf Ouattara, est une structure de micro assurances au BF qui vend les produits de micro assurance tels que l’assurance santé, accident, agricole….

L’assurance agricole est un produit de micro assurances qui assure les aléas climatiques. « Lorsque les aléas climatiques surviennent au moment de la production et que ces aléas causent des dégâts au niveau de la production, l’assureur indemnise », detaille, Yssouf Ouattara.

Il a invité les un.e.s et les autres à souscrire à cette assurance qui est ouverte à tout  le monde, à tous ceux qui interviennent dans la chaine de valeur agricole, dans la production agricole (en lien avec neuf spéculations que sont le maïs, le riz, le mil, le sorgho, le coton, le sésame). Pour souscrire, il faut juste avoir une pièce d’identité avec  une superficie de production.

Ce programme du PAM, lié à l’agriculture, se trouve à l’assurance agricole pour les petit.e.s producteurs/trices pour la résilience climatique qui sont déterminés dans les départements à travers des techniciens d’agriculture. Ceux-ci les sensibilisent sur les notions d’assurance agricole contre les survenances des risques, des aléas climatiques sur la chaine de production agricole. Et, les producteurs qui acceptent de participer au programme, le PAM paye une partie de la prime d’assurance puisque le programme est en duo avec la politique du gouvernement dans l’offensive sylvo agropastorale, qui paye les 50% de la prime d’assurance, a-t-il  ajouté. « Lorsqu’il y a survenance du risque, d’un sinistre, l’assurance indemnise en fonction du taux de réalisation du sinistre dans le département déterminé du producteur . Le risque est déterminé en fonction d’un calcul et  aussi des données terrains. Lorsque cette référence est inférieure à la moyenne des cinq dernières années, on parlera de sinistre et là aussi, nous avons plusieurs manières de sinistres : la forte dégradation (perte de rendement), la moyenne dégradation et la faible dégradation. Lorsque ces trois niveaux de sinistres interviennent, il y’aura forcément indemnisation de la couverture du département donné et on ajoute les cas de décès qui est très important (lorsqu’il y’a décès du producteur, l’assureur indemnise aux proratas de son engagement sur les contrats d’assurance. Le produit joue un rôle sur la chaine de valeur agricole. D’année en année, la souscription à l’assurance agricole s’augmente », fait savoir M. Ouattara.

Comprendre le bienfait et les avantages de l’assurance agricole

« Depuis que nous avons commencé l’assurance agricole, nous sommes en train de progresser. Le portefeuille ne fait que s’agrandir d’année en année et les producteurs ne font que comprendre puisque nous menons des sensibilisations, nous organisons des ateliers pour leur faire comprendre le bienfondé de cette assurance. Nous travaillons aussi avec les techniciens d’agriculture qui sont aujourd’hui nos points focaux qui nous partagent aussi l’information de la micro assurance et cela suscite une adhésion massive à l’assurance agricole », a-t-il conclu.

benedicteoued@gmail.com

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